APRES LES PROBLEMES DE VOIERIES, D’ASSAINISSEMENT ET D’ELECTRIFICATION, LA CITE DE BASSINKO EST DESORMAIS CONFRONTEE A L’ACCAPAREMENT DE SES ESPACES PUBLICS, SELON DES HABITANTS. CETTE PREOCCUPATION A ETE EVOQUEE PAR LES MEMBRES DU CADRE DE CONCERTATIONS DES ASSOCIATIONS DE LA CITE DE BASSINKO. C’ETAIT LORS D’UNE CONFERENCE DE PRESSE LE SAMEDI 3 SEPTEMBRE 2022 A OUAGADOUGOU.

Prendre l’opinion nationale à témoin et surtout interpeller l’exécutif, le législatif sur la nécessité que des actions soient menées pour le « retrait des espaces publics bradés » au sein de la cité de Bassinko était l’objectif visé à travers cette conférence de presse.
« Nous constatons que nombre d’espaces publics dans notre cité ont été bradés à des individus, à des promoteurs immobiliers. Quand vous consultez le plan d’aménagement de la cité de Bassinko, tout a été planifié afin de permettre aux résidents de vivre en harmonie dans un cadre agréable dans la plus grande cité du Burkina Faso. Mais à notre grande surprise, il s’avère que certains espaces publics et non des moindres ont été tout simplement vendus à des individus ou détournés au profit de promoteurs immobiliers », a indiqué le président du Cadre de concertations des associations de la cité de Bassinko, Kalifou Diallo.

Certains espaces publics de la cité qui étaient destinés à des infrastructures publiques (écoles, centre de santé, aires de jeux, etc.) auraient ainsi été détournés et vendus à des particuliers. A titre d’exemple, brandissent ces habitants, le ministère en charge de l’éducation, grâce au financement de l’ONG Quatar Charity a autorisé de la construction de neuf salles de classe dans deux sites identifiés de la cité. Mais dès l’entame des travaux, des individus seraient venus se présenter sur chacun des sites avec des documents arguant qu’ils étaient les propriétaires des lieux, ce qui a conduit à l’arrêt des travaux.

Les habitants disent avoir également constaté sur deux autres sites la présence de bornes personnalisées et de forages négatifs et de marquage des bornes par la peinture. Ce qui voudrait dire, expliquent-ils, que ces sites ont été vendus comme tous les autres sites destinés à la réalisation d’infrastructures sociales.

La plus grande cité du Burkina Faso avec une population comparable à la ville de Koudougou (soit 90 milles habitants) ne dispose que d’une seule école primaire publique et de deux établissements post primaires et secondaires publiques.

« Aujourd’hui, les résidents sont amers et se posent de multiples questions. Où allons-nous scolariser nos enfants ? Devrions-nous continuer à parcourir des kilomètres pour les scolariser avec toutes les difficultés et risques que cela comporte ? Pourquoi on vend nos espaces publics à des individus et à quelle fin ? A-t-on conscience que cela va porter préjudice aux résidents ? Où trouverons-nous de l’espace pour la construction d’infrastructures socio-éducatives et sportives au profit des résidents et de nos enfants ? », s’interroge le président du cadre.

Le 4 juin 2018, l’ancienne ministre en charge de l’économie, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori annonçait la signature d’un accord de prêt de 70,853 milliards de francs CFA dont les 35% seraient une subvention de la famille royale des Emirats arabes unis, avec un consortium de banques pour la construction du CHU de 500 lits de Bassinko dont la réception était prévue pour fin décembre 2019. Plus tard au conseil des ministres du mercredi 28 décembre 2021, l’ex ministre en charge de l’économie, Lassané Kaboré, annonçait la ratification d’un crédit de 77 960 796 438 FCFA entre le Burkina Faso et la Deutsche Bank pour le financement du projet de construction et d’équipement du CHU de Bassinko. Jusqu’à la date d’aujourd’hui, le démarrage des travaux de construction n’a pas vu le jour. La raison fondamentale, selon les habitants de Bassinko, est que l’espace prévu pour abriter les infrastructures a été partiellement occupé par les logements d’un promoteur immobilier, empêchant l’Etat d’atteindre ses objectifs en matière de santé.

Les habitants sont également confrontés au problème de la délivrance des permis urbain d’habitation (PUH) aux attributaires des logements de la cité, du fait que des actes fondamentaux dans le processus de lotissement n’existent même pas.
Les habitants de Bassinko, devant ces nombreuses « injustices » auxquelles ils font face, invitent le gouvernement à prendre les dispositions idoines pour sécuriser les investissements des résidents de la cité.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net


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